Mérule expert
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Un simple trou
vign_MERULE_91042 Tout commence à partir d'un simple trou dans le mur, au niveau d'un trottoir !
Le démarrage
vign_MERULE_91016 La mérule se développe sur la terre dans la cave, juste sous la fuite des eaux pluviales du trottoir.
D'abord l'isolant
vign_MERULE_91026 La mérule atteint le plafond de la cave, isolé en laine de verre, elle forme assez vite ses sporophores. (mais il peut se passer de 2 à 3 ans, sans fructifications !)
Les poutres
vign_MERULE_91017 Puis elle attaque les poutres en déployant son mycélium tentaculaire et dévastateur, puis la surface d'infestation augment de façon exponentielle et rapide.
Le plafond
vign_MERULE_91021 Quelques semaines plus tard, le plafond est infesté par la mérule qui s'infiltre partout entre laine de verre et  plancher, profitant des endroits cachés, à l'abri de la lumière et des courants d'air
Le plancher
vign_MERULE_91028 Le plancher de la chambre située juste au dessus de la cave est infesté à son tour, la cellulose est dégradé, absorbée par le champignon, la pourriture cubique fait son œuvre
Caché sous le lino
vign_MERULE_91039 Le mycélium et les syrrotes se sont développés entre les lattes du plancher et le linoléum, à l'abri des regards
Vorace et dévastateur
vign_MERULE_91034 Les enzymes du mycélium, alimentés en eau par les syrrotes depuis la cave, dégradent la cellulose en profondeur. Le bois perd de sa résistance, il se fend dans les trois directions
Effondrement
vign_MERULE_91038 Le bois finit par céder sous le poids des occupants, la pourriture cubique à fait son œuvre !
Les plinthes et le mur
vign_MERULE_91033 Elle continue ensuite son œuvre dévastatrice sous et sur les plinthes, les boiseries, les murs. Elle peut ainsi traverser un mur de moellons d'environ 1 m d'épaisseur 
Vous avez dit Mérules !
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Localisation des infestations par la Mérule.

Dans le monde, il existe au moins 5 espèces de "Mérule" qui n'appartiennent toutes au genre Serpula. Mais seulement deux sont présentes en Europe (Serpula lacrymans et Serpula himantioides)

  1. La Mérule pleureuse Serpula lacrymans. C'est la plus courante, mais que l'on ne retrouve pas dans la nature et dont on ne connaît d'ailleurs pas l'origine.
  2. La Mérule sauvage encore dénommée Mérule sylvestre Serpula himantioides. On la retrouve ça et là dans nos forêts, souvent discrète, ainsi que sur les bois ouvrés dans le bâti, en extérieur et moins souvent en intérieur.
  3. La Mérule de Russie Serpula tignicola
  4. La Mérule nord-américaine Serpula incrassata
  5. La Mérule sud-asiatique Serpula similis

La Mérule pleureuse, encore appelée Mérule des maisons Serpula lacrymans est surtout présente au nord d'une ligne Bordeaux Chambéry, avec une présence notable dans l'Ouest, Bretagne, Normandie et le Nord. Depuis quelques années les foyers d'infestations sont de plus en plus répandus, notamment dans l'Est de la France, et le Massif Central n'est pas épargné. Même si tous les cas ne sont pas référencés, on ne peut pas affirmer qu'un département n'est pas touché. Nous recevons des Mérules de toutes les régions de France, sans exception !

Mais d'autres fléaux hantent les vieilles bâtisses, comme un champignon moins connu, mais en pleine expansion, le mal nommé Polypore des caves ou Donkioporia expansa qui fait des ravages dans les combles, greniers et charpentes...

Au total, nous avons pu identifier 237 espèces différentes à ce jour, dans le bâti !

A signaler que les espèces du genre Leucogyrophana, ne sont pas des mérules, contrairement à ce que l'on peut voir écrit sur des sites dits "spécialisés".

  1. Leucogyrophana pulverulenta
  2. Leucogyrophana pinastri
  3. Leucogyrophana mollusca
  4. Leucogyrophana pseudomollusca
  5. Leucogyrophana romellii
Ces 5 espèces ne forment pas de syrrotes, mais des rhizomorphes. Elles se développent généralement sur sur faibles surfaces. Les sporophores très fins sont facilement détachables et l’agressivité des enzymes, n'a rien à voir avec celle de la mérule. Ces Leucogyrophana ne nécessitent en aucun cas le même type de traitement que celui attribué à la mérule.
La Mérule dans la Bible
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Les problèmes causés par les champignons domestiques et destructeurs du bois ne datent pas d’hier ! 

    On trouve déjà des conseils pour y remédier dans la Bible et plus précisément dans le chapitre 14, versets 33 à 48 du Lévitique qui aurait été écrit par Moïse au XVe siècle avant Jésus-Christ. 

    Mais plus proche de nous, la mérule a été un des ennemis les plus redoutables de la Royale-Navy anglaise. Coggins (1980) rapporte qu’une commission navale créée en 1609 par le Roi James premier recommanda de tremper les troncs d’arbres afin d’en extraire la sève, de les faire sécher à l’air et au soleil et enfin de les conserver durant un certain temps empilés, avant leur utilisation en vue de la construction de bateaux.     

    Ces conseils n’ayant pas été suivis, la flotte a eu à subir de gros dégâts durant au moins trois siècles. Le cas le plus célèbre est celui du Queen Charlotte, le premier navire de guerre à porter 110 canons qui était déjà fortement attaqué mais néanmoins lancé en 1810. Il a pourri si rapidement qu’il fallut le reconstruire avant même qu’il ne soit commissionné.

    Les problèmes continuent de nos jours et l'Est de la France semble plus touchée qu'il n'y parait !
Serpula lacrymans - Mérule
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Serpula lacrymans (Mérule)

Ecologie de Serpula lacrymans (Schum) S.F Gray,
champignon xylophage.

Nutrition
Les champignons sont des organismes hétérotrophes ne possédant pas de chlorophylle, ils ne peuvent pas élaborer de matières carbonées (sucre, graisse, ...) à partir du CO2 atmosphérique. Pour leur nutrition, ils doivent donc vivre des produits synthétisés par d'autres organismes qu'ils absorbent à travers la paroi de leur appareil végétatif (absorbotrophie).

Humidité
Le taux optimal se situe entre 35 et 50% pour la majorité des champignons lignivores. Cependant, certains peuvent se développer à partir de 22%, comme Serpula lacrymans (Schum) S.F Gray ou Mérule. Le taux d'humidité d'un bois est directement lié à sa capacité de reprise en eau et aux conditions extérieures. Dans la pratique, les pièces placées en condition normale sous nos climats ont un point d'équilibre inférieur à 22 %. Une alternance de périodes sèches et humides sont favorables au développement de certains champignons lignivores, notamment Gloeophyllum sepiarium (Lenzites sepiara) ou Lenzite des clôtures.

Température 
La plupart des champignons sont mésophiles, c'est à dire, qu'ils se développent autour de 20°C. Mais l'optimum pour la mérule se situe autour des 13°. Ils résistent remarquablement bien aux basses températures qui semblent même favoriser la croissance, une fois les conditions normales rétablies. Certaines spores soumises à des températures de l'ordre de 80°C survivent. Les mycéliums sont tués aux environs de 55°C.

Lumière
Contrairement aux végétaux chlorophylliens, la lumière n'est pas indispensable à la croissance des champignons. Néanmoins, pour développer des sporophores, un peu de lumière est indispensable. Quelques minutes suffisent. Il semblerait que les Mycètes utilisent surtout la partie supérieure du spectre visible (les bleus).

Oxygène
Les champignons sont des organismes aérobies. L'oxygène est donc indispensable à leur développement. Ils sont cependant assez peu exigeants. Certains champignons peuvent exploiter l'oxygène dissout dans le substrat.

Description
Nom scientifique : Serpula lacrymans (Schum) S.F Gray
Nom commun : Mérule des maisons ou Mérule pleureuse, champignon ou lèpre des maisons (strictement féminin). 

    La forme "végétative", lorsqu'elle croît sur un support suffisamment humide a l'aspect d'un feutrage blanc, épais et cotonneux. Cette forme luxuriante, lorsque l'eau se fait plus rare décroît en épaisseur et devient plus coriace. Elle acquiert alors une coloration gris sale parfois marbrée de beige, de vert ou de violet. 

    Le champignon étend rapidement des cordonnets appelés syrrotes (et non des rhizomorphes, comme trop souvent employé dans la littérature même "spécialisée") destinés à lui apporter de l'eau. Gris bruns, leur diamètre généralement de 1 à 2 mm, peut atteindre 25 mm. Ce réseau très ramifié mesure parfois plusieurs dizaines de mètres de long. 

    Lorsque les conditions sont réunies, la Mérule développe un organe reproducteur nommé sporophore (du grec : je porte les spores). Les sporophores de grande taille ont l'aspect de plaques adhérentes au support. Leur contour est sinueux. La marge est blanche et le centre ridé est de couleur rouille soutenue. Cette teinte est conférée par les innombrables spores très volatiles. L'odeur du champignon est désagréable et légèrement fétide avec l'âge.

    La Mérule se nourrit du bois et se propage en le détruisant, en lui faisant perdre toute rigidité, d’où un danger d’effondrement si elle s’attaque à des poutres ou des escaliers où elle provoque une pourriture cubique à fractures profondes. Contrairement aux idées reçues, la mérule peut se développer sur de grandes surfaces en l'absence de bois, elle trouvera ainsi l'eau et les nutriments dans la maçonnerie.
Le champignon doit trouver des conditions idéales pour s’étendre. Il trouvera un terrain favorable dans les locaux obscurs, humides, mal aérés et où la température est régulière. 

    Si le terrain n’est plus favorable, la mérule n’arrêtera pas sa progression : quand elle aura épuisé les réserves de bois elle se propagera à travers la maçonnerie pour s’attaquer à d’autres boiseries même sèches. Ce sont ses syrrotes qui achemineront l’eau depuis la source d’humidité. Ainsi, une maison mitoyenne saine peut être sujette à une invasion de mérule. La croissance d'une mérule peut atteindre jusqu'à 12 cm par jour.

    En outre, si elle ne trouve plus les conditions nécessaires à sa croissance, elle peut parfois rester à l’état de latence et pourra recommencer à s’étendre lorsque les conditions seront à nouveau présentes.
De là la nécessité de ne pas négliger une attaque de mérule, surtout ancienne.

BIOLOGIE
• Humidité du bois : minimum de 22 % et optimum à 35 %
• Température : de 5°C à 25 °C, mais optimum entre 12°C et 15°C
• Atmosphère confinée indispensable
• Obscurité impérative pour le développement des spores
• Toutes les essences de bois sont susceptibles d’être attaquées, mais la préférence est au résineux (Pin, sapin et épicéa).

COMMENT SAVOIR S’IL Y A DE LA MERULE ?

Quelques indices doivent attirer votre attention :
1. Présence d’une source d’humidité (chéneau ou gouttière défectueuse, fuite d’eau, moisissures)
2. Déformation et bombement des plinthes, de lambris bois, du bois de chambranle ou châssis
3. Présence de filaments blancs sur de la maçonnerie (ne pas confondre avec du salpêtre qui tombe en poussière quand on le touche)
4. Forte odeur de champignon présente

LE TRAITEMENT DE LA MERULE

• Avant toute chose, il faut obligatoirement supprimer la source d’humidité.
• Récréer une ventilation suffisante dans les lieux infestés
• Mettre à nu les maçonneries
• Remplacer les bois atteints
• Brûler les murs, brosser
• Traiter en profondeur les murs avec un fongicide agréé
• L’étendue et la nature du traitement seront déterminés lors de notre diagnostic.


Nous contacter au Tel : 03.29.57.14.97. - GSM 06.25.29.06.72. semhv@merule-expert.com  
ou laisser nous votre message à partir du module ci-dessous.

Vers un diagnostic obligatoire
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ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

TREIZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 6 mars 2012.

PROPOSITION DE LOI
relative à l’instauration d’un diagnostic obligatoire sur la présence de la Mérule lors de la vente d’un bien immobilier, (Renvoyée à la commission des affaires économiques, à défaut de constitution d’une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.) présentée par M. Alain GEST, député.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Le Serpula lacrymans, champignon lignivore plus connu sous l’appellation de « Mérule » est un véritable fléau pour les charpentes et boiseries des bâtiments et habitations. En effet, ce champignon qui se développe de façon impressionnante, jusqu’à 12 cm par semaine, peut vouer une habitation à la destruction mais également se propager dans une commune par le biais des bâtiments mitoyens.

Outre les dégâts causés au bâti, des études soulèvent la question des risques sanitaires notamment allergiques liés à la dissémination des spores.

La mérule se trouve plus particulièrement dans les zones géographiques où il y a un fort taux d’humidité notamment dans l’Ouest et le Nord de la France. Aujourd’hui une cinquantaine de départements ont été identifiés comme étant à risques. Cependant des cas de plus en plus nombreux sont diagnostiqués y compris en région parisienne. Ainsi, on dénombrait en 2006 de 2 000 à 3 000 chantiers de traitements de la mérule par an.

L’infection d’une habitation par la mérule peut engendrer des conséquences dramatiques pour ses propriétaires, que ce soit en terme de préjudice financier mais également quant à la nécessité d’un relogement au regard des risques pour la sécurité. Or aujourd’hui, les personnes confrontées à la présence de la mérule se trouvent particulièrement démunies.

En effet, aucune garantie ne couvre les dégâts engendrés sauf s’ils sont associés à un dégât des eaux.

Par ailleurs, lors de l’acquisition d’un bien immobilier, les acquéreurs ne peuvent en aucun cas se prémunir de la présence de la mérule et de ses conséquences puisqu’il n’existe aucune obligation légale pour le vendeur de réaliser un diagnostic technique.

Le seul recours possible est donc de faire constater par la justice l’existence d’un vice caché. En effet, la Cour d’Appel de Douai a reconnu dans sa décision du 14 mai 2007 que « la présence de la mérule, découverte à l’occasion de travaux d’embellissement, constitue un vice caché, de nature à engager, sur le fondement de l’article 1641 du code civil, la responsabilité du vendeur » sous réserve que cette présence n’ait pas été ignorée par ce dernier.

Or, l’issue d’un tel recours est aléatoire puisque la notion de vice caché est strictement encadrée et appréciée au cas par cas.

Dans un tel contexte et face à la détresse d’acquéreurs qui peuvent légitimement se sentir floués, il apparaît opportun d’instaurer un diagnostic technique obligatoire sur la présence de la mérule dans le bâti pour les transactions immobilières qui interviennent dans des zones à risques déterminées par décret.

C’est donc l’objet de cette proposition de loi que je vous invite à adopter.

PROPOSITION DE LOI

Article 1er

Après le 8° du I de l’article L. 271-4 du code de la construction et de l’habitation, il est inséré un 9° ainsi rédigé :

« 9° l’état relatif à la présence du Serpula lacrymans dans le bâtiment dans les zones à risques déterminées par décret en Conseil d’État. »

Article 2

Au premier alinéa du II de l’article L. 271-4 du même code, les mots : « et 8° » sont remplacés par les mots : « , 8° et 9° ».

Mérule : les recommandations
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Préconisations générales à respecter en zone exposée aux développements mycéliens des bois d’œuvre :


Prévoir de rétablir une ventilation conséquente et adaptée aux lieux.


Mesures pour remédier aux causes : mise hors d’eau, assèchement, ventilation (une simple aération avec entrée et sortie suffit souvent).


Mesure pour remédier aux conséquences : 
    1. Traitement curatif et/ou préventif fongicide sur maçonneries et boiseries avec remise en état des locaux. 
    2. Le stockage de bois et de matériaux cellulosiques est à proscrire dans les caves communes ou privatives. 
    3. Entretien régulier des gouttières, écoulements divers et des zingueries d’étanchéité. 
    4. Entretien régulier des jointoiements entre boiseries et remplissages muraux. 
    5. Entretien et contrôle régulier des alimentations et évacuations d’eau. 
    6. Couverture et équipements sanitaires doivent être étanches et contrôlés régulièrement.

Conseils d’ordre général : 

    Tout dégât des eaux, fait générateur indispensable au développement de champignons, doit dans les plus brefs délais être déclaré à votre assureur, les travaux ne doivent pas se limiter seulement à la remise en état esthétique, mais également par la mise en place de déshumidificateurs adaptés, voire l’ouverture des plafonds et des doublages muraux pour assèchement rapide de toute la zone concernée, qu’il est plus facile ainsi de délimiter, d’assécher et d’assainir dans un court délai. 
    Le traitement devra être réalisé par une entreprise spécialisée et reconnue dans le domaine du traitement de l’humidité et des bois; celle-ci interviendra sous sa seule responsabilité quant à la méthodologie, l’étendue du traitement et les produits utilisés. 

    Une bonne ventilation doit être maintenue dans les sous-sols qui ne doivent pas être transformés en zone habitable au risque, de voir l’humidité naturelle ne pouvant plus s’équilibrer dans cette partie basse normalement ventilée, remonter dans les murs périphériques au niveau du plancher du rez-de-chaussée, ceci devenant préjudiciable à la propriété ou copropriété toute entière ; à moins que ne soit mis en place et conservé en fonctionnement un système spécifique adapté du type ventilation par insufflation permanent entre les encoffrements muraux et les murs périphériques. 

    Suivant la localisation du traitement et de l’importance des travaux : l’avis d’un architecte pour évaluer la procédure de remise en état des locaux en coopération avec les différents corps d’état, entreprise générale et société de traitement des bois et de l’humidité semble être la 1ère étape de l’engagement de travaux. 

    Pour les immeubles se trouvant dans une zone à risque connue concernant la présence de mérule, une visite de contrôle annuel de toutes les parties communes et privatives serait la meilleure garantie de préservation du patrimoine de chacun des copropriétaires surtout lorsque de nombreuses parties privatives restent fermées non ventilées pendant de très longues périodes.

La Mérule démasquée
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Communiqué de presse
Paris, 14 juillet 2011


    Des équipes de l'INRA et du CNRS ont caractérisé le mécanisme de dégradation du bois d'un des champignons les plus dévastateurs, Serpula lacrymans, communément appelé la Mérule pleureuse. Cette découverte ouvre la voie à l'élaboration de nouvelles techniques de lutte contre ce parasite et pourrait fortement intéresser le secteur de la bioénergie. Ces résultats sont publiés dans la revue Science du 14 juillet 2011. La mérule est un champignon xylophage très répandu mais discret en forêt où il détruit les souches de feuillus comme de conifères. C'est cependant un redoutable colonisateur du bois œuvré. Il touche préférentiellement les charpentes, les escaliers et le bois d'œuvre de manière générale. Lorsque le champignon est visible cela signifie en général qu'il est trop tard. En effet, son développement se fait dans des conditions d'obscurité et de faible ventilation, ce qui rend souvent sa détection précoce difficile. La pourriture apparaît dans l'ultime phase de dégradation et les dégâts sont alors considérables, voire irréversibles.Dans le cadre d'un vaste projet de séquençage d'une cinquantaine de génomes de champignons forestiers, mené par le Joint Genome Institute, des chercheurs de l'unité Inra/Université de Nancy « Interactions Arbres/Microorganismes » associés à des équipes de l'unité CNRS/Universités Aix-Marseille 1&2 « Architecture et Fonctions des Macromolécules » et des Universités de Swansea et Oxford, ont analysé la séquence génomique de S. lacrymans. 

    En comparant le répertoire de gènes de plusieurs champignons dégradant le bois, les scientifiques ont pu caractériser le mécanisme de dépolymérisation de la lignine chez la mérule. La plupart des champignons utilisent des enzymes pour dégrader le bois. Par contre, les pourritures brunes, dont fait partie la mérule, produisent dans les premières étapes de la destruction du bois de grandes quantités de radicaux libres hydroxyles. Ces derniers provoquent une réaction très puissante qui permet de casser la couche de lignine et d'atteindre la cellulose, dont se nourrit le champignon.Ces résultats apportent également une meilleure compréhension de l'évolution des champignons forestiers et de leur l'écologie. La connaissance du mécanisme d'action en jeu dans la dégradation du bois par la mérule favorisera la mise au point de moyens de lutte contre ce champignon, véritable fléau du bâtiment. Ces résultats ont aussi un intérêt pour le secteur des bioénergies, la dégradation des polymères du bois étant un processus important dans la fabrication de biocarburant.

Références :
The plant cell wall decomposing machinery underlies the functional diversity of forest fungi. Science, 14 juillet 2011
D.C.Eastwood, D.Floudas, M.Binder, A.Majcherczyk, P.Schneider, A.Aerts, F.O.Asiegbu, S.E.Baker, K.Barry, M.Bendiksby, M.Blumentritt, P.M.Coutinho, D.Cullen, R.P.de Vries, A.Gathman, B.Goodell, B.Henrissat, K.Ihrmark, H.Kauserud, A.Kohler, K.LaButti, A.Lapidus, J.L. Lavin, Y-H.Lee, E.Lindquist, W.Lilly, S.Lucas, E.Morin, C.Murat, J.A.Oguiza, J.Park, A.G.Pisabarro, R.Riley, A.Rosling, A.Salamov, O.Schmidt, J.Schmutz, I.Skrede, J.Stenlid, A.Wiebenga, X.Xie, U.Kües, D.S.Hibbett, D.Hoffmeister, N.Högberg, F.Martin, I.V.Grigoriev, S.C.Watkinson 

Attention aux gros dégâts
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Dans tous les cas

N'attendez pas la catastrophe, pour faire excuter un diagnostic.
Plus vite un champignon est détecté, plus vite il est identifié et plus il est facile de le traiter en vue de son éradication.
Mycélium primaire de la Mérule
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Développement du mycélium primaire de la Mérule, sous forme de filaments cotonneux, ayant l'aspect de la ouate, blanc aux extrémités, devenant progressivement jaune, jaune orangé, rouille à brunâtre...pour former le sporophore reproducteur.

La Mérule s'installe durablement
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Envahissement progressif, massif et rapide du mycélium de la Mérule, dont on aperçoit ici les syrrotes à gauche et l'immense surface occupée par le sporophore qui peut mesurer plusieurs m² (déjà vu plus de 8 m²), détruisant tout sur son passage, bois bien avidemment, mais aussi les cloisons et les murs en maçonnerie, ainsi que les plâtres...

Sporée de Mérule
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Spores couleur rouille de la Mérule piégées par une toile d'araignée, véritable foyer pour de prochaines germinations et infestations.

Cette sporée de couleur brun rouille, semblable à la poussière de brique, est caractéristique de la Mérule et doit être recherchée sur toutes les surfaces aux alentours du sporophore. La microscopie révèle des spores, jaune à rouille, lisses, elliptiques avec un apicule qui mesurent 9-13(14) x 4,5-8 µm. Les basides (30-40 x 6-10 µm) tétrasporiques possèdent des boucles à la base. On trouve parfois des éléments stériles fusiformes (50-80 x 5,5-8 µm) entre ces basides.

Hyphes bouclées de la Mérule
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Hyphes à boucles doubles, souvent observées dans le mycélium de la Mérule

Hyphes bouclées simples
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Hyphes à boucles simples dans le mycélium de la Mérule.

Spores jaunes de la Mérule
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Spores de Mérule : ovoïdes à ellipsoïdes, souvent guttulées, jaunes, (8)9(11)-12(14) x 4,5(5,5)-7(8) µm

Hyphe septée de la Mérule
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Hyphe vasculaire du mycélium de la Mérule, septée avec barre (septum diploïde) caractéristique, en tirebouchon, large d'environ 25 à 40 µm, permettant une identification de l'espèce sur prélèvement de mycélium.

Développement Mérule
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Les spores de Mérule contenues dans l'atmosphère se déposent sur du bois humide ou la maçonnerie, dans l'obscurité et un environnement confiné, puis elles germent produisant le mycélium qui se développe en décomposant la cellulose du bois induisant la pourriture cubique brune caractéristique, avant de se reproduire à la lumière avec un sporophore (organe reproducteur).

Impact de la Mérule
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Les hyphes (cellules des champignons formant des filaments très fins de quelques microns), s'insèrent dans la structure du bois, détruisant la cellulose et conservant presqu'intacte la lignine du bois. Le bois se fragmente alors dans les trois directions, formant cette pourriture cubique caractéristique des espèces de la famille des Coniophoraceae dont faisait partie la Mérule pleureuse Serpula lacrymans, désormais placée dans la famille des Serpulaceae.

Serpula tignicola
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Mérule de Russie Serpula tignicola (Harmsen) M.P. Christ. 1960

Sporophore mature

Serpula incrassata
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Mérule américaine Serpula incrassata (Berk. & M.A. Curtis) Donk 1948

ou Meruliporia incrassata (Berk. & M.A. Curtis) Murrill

Sporophore

Primordium
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Un primordium de Mérule

Le mycélium se prépare à former sa fructification, un sporophore capable de développer des spores.

Serpula similis
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Mérule Sud-asiatique Serpula similis (Berk. & Broome) Ginns 1971

Primordium, jeune spécimen immature

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Répartition Mérule
Vign_Carte-france-merule

Il n'existe aucun département qui ne serait pas infesté par la mérule. La carte présente en jaune, orange et rouge, les départements les plus touchés, par ordre de croissance. Carte mise à jour au premier janvier 2015 par nos services.

ALSACE LORRAINE
Cas de mérules en Alsace/Lorraine traités par notre laboratoire
Mycélium de Mérule
Vign_mycelium_merule

Mycélium blanc, ouateux et cotonneux de la Mérule

Les hyphes du mycélium forment en général une toile membraneuse, blanchâtre ou grisâtre, se présentant parfois sous forme de palmettes à la surface de différents supports.

Ce mycélium secondaire exsude souvent des gouttelettes liquides et translucides semblables à des larmes, d'abord translucides, puis jaune doré et enfin orange à rouge-orange, d'où le nom spécifique de lacrymans et le nom français de Mérule pleureuse. Cette exsudation résulte de son système de régulation permettant d'évacuer l'excédent d'humidité.

Sporophore de Mérule
Vign_sporophore_merule

Apparition du sporophore de la Mérule, sur un plancher.

Le sporophore est très polymorphe selon la forme et la position du support. Sur des supports horizontaux, il prend un aspect résupiné (collé à plat), voire étalé-réfléchi, mesurant jusqu'à plusieurs dm de longueur pour une épaisseur dépassant parfois le centimètre et possède la consistance d'une crêpe.

Lorsqu'il se développe sur des supports verticaux, il peut former des consoles jusqu'à deux cm d'épaisseur et dix cm de projection. Les sporophores présentent un hyménophore (partie fertile) jaune orangé à rouille, plissé-ridulé dit méruloïde et parfois irrégulièrement poroïde ou hydnoïde.

La marge stérile d'aspect feutré est blanche devenant jaunâtre dans l'âge.

Le sporophore possède une consistance cotonneuse, élastique, molle mais très résistante.

L'odeur des jeunes échantillons est fongique, plutôt agréable, devenant forte et désagréable chez les vieux exemplaires, surtout dans ces endroits confinés.

 

Sporophore de Mérule
Vign_merule_serpula
Le sporophore, en quelque sorte la fructification du champignon, s'étale sur le plancher en bois et les plinthes peintes.
Mérules à l'extérieur !
Vign_Serpula_lacrymans_exterieure

Contrairement aux idées reçues et à tout ce que l'on peut lire dans les ouvrages ou sur les sites Internet plus ou moins sérieux, la Mérule peut développer des sporophores à l'extérieur des habitations, et par voie de conséquence du mycélium.

Même si ces cas restent rares, il n'en reste pas moins vrai que nous avons plusieurs cas dans l'Est de la France, où des sporophores se sont développés à l'extérieur d'habitation, révélant ainsi la présence de vieux syrrotes ayant traversé les murs pour aller chercher la lumière indispensable au développement d'un sporophore, qu'ils ne trouvaient pas à l'intérieur confiné et dans l'obscurité totale.

Rappelons en effet que le mycélium de la Mérule (Serpula lacrymans) a besoin d'un confinement de l'air et de l'obscurité intense pour se développer, mais que le développement des sporophores (c'est à dire des fructifications pour la reproduction, par production de spores), ont besoin d'une certaine luminosité.

Ces constatations nouvelles et de plus en plus fréquentes dans l'Est de la France, tentent à prouver que "notre" Mérule sait de mieux en mieux s'adapter à notre environnement. Elle n'hésite donc plus à se reproduire par la production de sporophores à l'extérieur des bâtiments, parfois face au soleil et directement sur le sol à peine humide (cas de Breitenbach 68-2013). Ces nouvelles données devraient permettre à terme d'affiner ou revoir le process de traitement de la mérule dans son ensemble.

Nous avons remarqué en outre, que statistiquement les spores des Mérules que nous avons étudiées dans l'Est de la France (plusieurs centaines), possèdent des spores légèrement plus petites, d'une longueur de 0.5 à 1 µm de moins que la normale et notamment celle du Grand Nord-ouest ! On peut se demander si "notre" Mérule n'est pas en pleine mutation et se spécialise jusqu'à terme, devenir une sous-espèce, voire une nouvelle espèce à part entière ?

Mérule à l'intérieur
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Le sporophore (partie reproductrice) génératrice de milliard de spores, sur le plafond d'une maison ancienne dans les Vosges.

L'hyménium supportant  les basides produit des milliards de spores qui sont disséminées dans l'environnement par les courants d'air ou le vent et aussi par l'homme (chaussures, vêtements, objets, gravats, etc...).
Les spores de la Mérule sont impliquées dans des cas d'allergies respiratoires qui sont parfois la cause de crises asthmatiformes chez les habitants de bâtiments contaminés. Elle serait également responsable de la provocation de vertige, d'un sommeil profond et d'angine !

Serpula lacrymans
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La Mérule (Serpula lacrymans) s'étale dans les trois directions, sur le plancher, les plinthes et le mur, ainsi que sur les tapisseries. Elle peut traverser un mur de plusieurs dizaines de centimètres d'épaisseur !

Mycélium de Mérule
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Mycélium de la Mérule, partie végétative ayant l'aspect du coton.
Spores de Mérule
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Spores de Mérule Serpula lacrymans, vues sous l'objectif du microscope optique.
Dégats dus à la Mérule
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Dégats observés sur du bois, dans une cave obscure et humide. Le mycélium colonise le sol et les murs...

Sporophore de Mérule
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Sporophore résupiné de la Mérule, avec des toiles d'araignées tissées par dessus, piègeant d'innombrables spores de couleur rouille.

Déchets de Mérule
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Suite à plusieurs questions, notamment des DREAL (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) d'Alsace et de Lorraine, concernant les déchets contaminés par la mérule, nous souhaitons apporter les précisions suivantes :

1° - Tous les champignons des bâtiments ne sont pas des mérules, il est donc nécessaire de bien identifier le champignon responsable.

2° - Si la mérule est identifiée, il faut distinguer son stade de développement
        a - Le bois n'est contaminé que par du mycélium (pas de précautions spéciales)
        b - Le bois est contaminé par des sporophores et notamment des spores (voir 3° et suivants).

3° - Si il y a présence de sporophore(s) dans les déchets, il y a possibilité de propagation des spores et donc de contamination de l'air ambiant et des bâtiments voisins. Il faut donc prendre les précautions nécessaires à la non dispersion de ces spores (bâches, compartiments étanches) y compris et surtout pendant le transport.

4° - Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de déchets inertes issus du BTP, non dangereux, pouvant être placés en centre d'enfouissement. Ces déchets peuvent également rentrer en centre d'incinération (pour le bois uniquement).

5° - Aucun texte ne légifère spécifiquement sur les déchets "contaminés" par la mérule ou d'autres champignons lignivores ou xylophages.

6° - En cas de risque de contamination de l'air et donc des bâtiments voisins par des spores sur un gros chantier, il peut être demandé une dérogation au Préfet (par l'intermédiaire de la mairie de la commune où se trouve le chantier) afin de pouvoir brûler le bois contaminé sur place, pour ne pas disperser les spores.

Hyphes septées
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Hyphes vasculaires larges, septées, à barre caractéristique en forme de tirebouchon

Spores dextrinoïdes
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Spores dextrinoïdes de la Mérule
Présentations de mérules

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Mycélium dévastateur
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Le mycélium est le véritable organe dévastateur, la "pizza" ou "crêpe" de Mérule, n'intervient que pour la reproduction de futures mérules... On voit ici sur le plancher le mycélium frais et bien blanc, avec d'énormes syrrotes (ou cordons mycéliens) transportant l'eau pour alimenter le champignon dans son ensemble et mieux dégrader la cellulose du bois, de résineux de préférence, mais aussi de feuillus comme le chêne.

Mérule toujours
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Sporophore de Mérule se développant sur le papier "pare vapeur" de la laine de verre, dans un sous-sol.

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