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QUALITÉ DE L'AIR INTERIEUR
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Diagnostiquer, analyser et surveiller la qualité de l'air intérieur

La qualité de l'air intérieur (QAI), un enjeu de société

De nombreux problèmes de santé (asthmes, allergies, pneumonites d'hypersensibilité, etc.) sont liés à une mauvaise qualité de l’air intérieur et notamment à la présence de moisissures. Cette QAI peut se dégrader de deux façons :

·        1-  une pollution chimique omniprésente issue des matériaux de construction ou du mobilier (mousse isolante, plastique, peintures, parquets, meubles, bois aggloméré…) rejetant des Composés Organiques Volatils (COV)

·              2 -  une étanchéité croissante des bâtiments de haute qualité énergétique, qui recycle l’air intérieur et limite le renouvellement d’air extérieur. 

Le Grenelle de l’environnement et les plans nationaux santé-environnement font de la santé environnementale une priorité d’action des collectivités publiques 

 Pour en savoir plus sur l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI). 

Nous sommes en mesure d'analyser ces moisissures (voir notre page ANALYSE )

Les moisissures : impact sur la santé
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Les moisissures à l'intérieur des habitations sont un problème qui touche le monde entier. Le premier pays à avoir tiré la sonnette d'alarme, ce sont les Etats unis d'Amérique suite à la mort de neuf bébés de Cleveland en 1994, dans des maisons où ces micromycètes (champignons microscopiques) sont apparues suite à une inondation.
Des scientifiques ont étudié de nombreux cas de prolifération de ces moisissures toxiques, dans des logements sans que leurs occupants les aient identifiés.

Différents types de moisissures :
Suite à des études, on considère que plus de 270 espèces de moisissures colonisatrices des logements, dont les redoutables Stachybotrys chartarum, et les Cladosporium sp, émettent des mycotoxines hautement pathogènes.
Aspergillus niger que l'on trouve généralement sur les fruits est également un colonisateur dangereux des logements, tout comme certaines moisissures du genre Aspergillus et Penicillium, dont des espèces sont utilisées pour la fabrication d'antibiotiques ou de la Pénicilline.

Origine des moisissures :
Il suffit d'un milieu chaud, humide, sombre et mal ventilé pour offrir à certaines moisissures des conditions favorables à leur développement. Ils ont la possibilité de se disséminer très rapidement pouvant entraîner des effets nuisibles à la fois pour la santé, mais également sur les matériaux.
 Les remontées capillaires, les inondations et les dégâts des eaux, les façades non étanches, la condensation alliée à une ventilation insuffisante (notamment dans les salles d'eau, les cuisines, les WC, voire les tuyaux d'eau froide), tout comme les fuites et autres infiltrations d'eau, sont autant de facteurs qui favorisent la prolifération de la moisissure à l'intérieur des bâtiments.

Développement :

Les moisissures se nourrissent de matières organiques carbonées et de minéraux contenus dans la poussière qui se dépose immanquablement sur toutes les surfaces d'un logement. Les papiers et cartons ainsi que les bois sont les principaux nutriments des moisissures, d'où leur fréquente présence sur les plaques de plâtre et les bois d'oeuvre.
A chaque matériaux ou presque correspond un type de moisissures spécifiques. Certaines croissent en présence d'une forte humidité, d'autres peuvent apparaître dans des conditions minimum d'humidité comme celle contenue à l'intérieur même d'un matériau.

Repérage :
Lorsque des taches sombres apparaissent sur les murs, le champignon est déjà installé depuis longtemps.
La contamination fongique se manifeste sous la forme de taches blanches, vertes, brunes ou noires sur la surface des cloisons, murs intérieurs ou des plafonds, sur les rebords des fenêtres, les meubles ou les tapis, dans la salle d'eau, dans la cuisine, au sous-sol.

Impact sanitaire :
Les moisissures dégagent des mycotoxines dans l'air ambiant. Ces substances toxiques pour l'être humain se manifestent de différentes façons, par l'affaiblissement du système immunitaire, par l'apparition d'allergies, d'asthme ou de difficultés respiratoires (rhinites, bronchites...)
Les conidies et les spores des moisissures, très volatiles, peuvent causer ou aggraver diverses pathologies en irritant les muqueuses des voies respiratoires (des poumons, du nez, de la bouche et des bronches). Certaines espèces de moisissures trouvent même leurs substances nutritives dans ces muqueuses...
De même, les mycotoxines risquent de passer la barrière dermique (pénètrer la peau) et d'y atteindre une concentration de conidies ou de spores démultipliée. Enfin, elles peuvent aboutir à un affaiblissement du système immunitaire gravissime pour les personnes positives au HIV ou ayant subi des traitements anticancéreux.

Les symptômes d'affections liées aux moisissures sont divers : la toux, fatigue chronique, maux de têtes, étourdissements...

Selon le Docteur Fabien Squinazi, directeur du Laboratoire d'hygiène de la ville de Paris, les atteintes à la santé liées aux moisissures peuvent prendre différentes formes allergique, irritative, toxique et infectieuse. Les réactions allergiques touchent essentiellement les bronches et se manifestent par de la toux, des sifflements et de l'asthme. Le nez (rhinite, rhino sinusite) est moins souvent concerné.
Pour un enfant, l'existence d'humidité ou de moisissures à la maison augmente de 1,5 à 3,5 fois le risque de présenter ces symptômes et s'il presente un terrain d'asthmatique, l'exposition à des concentrations élevées de moisissures dans la première année de sa vie, peut entraîner des sifflements respiratoires et une toux persistante.
Chez l'adulte, la sensibilisation aux moisissures constitue un facteur de risque élevé vers un asthme sévère.
D'autres pathologies allergiques plus rares en milieu domestique ont été décelées : les pneumopathies aiguës ou subaiguës, pouvant évoluer vers une insuffisance respiratoire chronique de types alvéolites allergiques extrinsèques et aspergillose broncho-pulmonaire allergique.
Dans les pays occidentaux, on estime que 25 % du parc de logements sont infestés par des moisissures (40 % à Paris et dans certaines villes d'Île de France).

Les moisissures
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Moisissures, que désigne ce mot et quelles sont les conséquences dues à leurs présences ?

On désigne sous le nom de moisissures toute une série de champignons appartenant en réalité à des groupes taxonomiques très divers. Elles sont capables de se développer et de s'adapter à des conditions les plus extrêmes. Il en existe plusieurs dizaines de milliers d'espèces. Ces champignons microscopiques sont pluricellulaires, composés d'hyphes (filaments) constituant un ensemble appelé mycélium. Ce mycélium peut développer des structures de reproduction produisant des spores  souvent nombreuses, dont la dimension peut varier de 1 à plusieurs dizaines de microns, suivant les espèces.

Il existe deux modes de reproduction : sexuée et asexuée. Dans le cas de la reproduction sexuée, le champignon émet une multitude de spores microscopiques. Dans le cas d'une reproduction asexuée, le champignon émet alors des conidies. L'identification se fait, entre autres, en fonction des caractéristiques du sporophore ou conidiophore dans le cas de la reproduction asexuée.

En l'absence de conidiophore, on parle de mycélium stérile. A ce stade, l'identification de la moisissure n'est pas réalisable.

Les moisissures sont connues pour les substances anti-bactériennes qu 'elles sécrètent : les antibiotiques. Elles synthétisent également des toxines, ou mycotoxines ainsi que des substances volatiles pouvant être hautement nocives pour notre santé. Parmis ces pathologies, on compte :

Les allergies

Il arrive parfois que le système immunitaire destiné à protéger notre organisme des aggressions extérieures, se dérègle. Celui-ci se met alors à réagir de manière excessive contre des substances qui auraient dû passer pour inoffensives. La réaction s'emballe et on parle alors de réaction allergique. L'allergie est donc une réaction anormale et exagérée de notre système immunitaire, vis-à-vis d'une quantité, même minime, de substances faisant partie de notre environnement, tels que les grains de pollen, les poils d'animaux, les aliments et bien entendu les moisissures. Tout le monde n'est heureusement pas allergique. On estime que plus ou moins 15% de la population française est allergique. Chez une personne atopique, l'allergie peut parfois se déclencher très tard, ou à la suite d'un ensemble complexe de circonstances.

Souvent, c'est la pression de l'environnement qui provoque l'apparition des symptômes chez un individu allergique. Dans les pays industrialisés, la plupart des gens passent 90% de leur temps à l'intérieur (domicile, lieu de travail, voiture, métro, etc.). La qualité de l'environnement intérieur joue donc un rôle fondamental dans le développement de ces maladies allergiques.

La liste des nouveaux cas où les moisissures sont impliquées dans des cas d'allergies (dermatites, allergies respiratoires) s'allonge sans cesse. Ces dix dernières années, des progrès considérables ont été réalisés en ce qui concerne l'identification, la purification et la caractérisation de certains allergènes produits par les moisissures. C'est notamment le cas pour Alternaria alternata, Cladosporium herbarum, Aspergillus fumigatus ou Candida albicans.

Les mycotoxines

Les mycotoxines sont produites par de nombreuses moisissures. Ce sont des métabolites secondaires de faibles poids moléculaires (entre 200 et 10 000 daltons), comparés aux allergènes. Ces substances sont localisées dans la paroi des hyphes et des spores. Elles sont néanmoins particulièrement concentrées dans ces dernières. L'ingestion de mycotoxines telles que aflatoxines, trichothécènes, etc., peut provoquer de sérieux problèmes de santé pouvant même entraîner la mort. Des études récentes ont montré que des doses identiques de ces mycotoxines peuvent être plus toxiques inhalées qu'ingérées.

Ces mycotoxines, comme les thrichotécènes produits par Stachybotrys chartarum (S. atra) ou Fusarium spp., la patuline et les acides pénicilliques produits par certains Penicillium ont montré une toxicité aiguë pour des macrophages alvéolaires dans les poumons. Il semble donc possible que l'inhalation de grandes quantités de spores contenant ces toxines puisse avoir une action sur le système respiratoire.

Les 1-3-B-glucans

Toutes les réactions produites par le contact ou l'inhalation des moisissures et autres micro-organismes ne sont pas obligatoirement de nature allergique. Il faut se garder de sous-estimer les effets de nature irritante ou toxique sur la santé. Les 1-3-B-glucans sont des constituants de la paroi cellulaire, spécifiques à plusieurs groupes d'organismes vivants. C'est le cas des moisissures et de certaines bactéries. Ils ne sont pas non plus totalement exclus du règne végétal. Ces composés sont des polysaccharides dont le monomère est le glucose. Ils pourraient être impliqués dans l'apparition de symptômes du "Sick Buildings Syndrome". Des chercheurs ont montré que les 1-3-B-glucans possédaient une action inflammatoire des muqueuses (activation des macrophages) ce qui pouvait être la cause d'effets biologiques variés, comme des problèmes respiratoires chroniques, ou une fatigue excessive, en cas d'expositions prolongées.

Les MVOCs (Microbial Volatil Organic Compounds)

Des études récentes font apparaître que les moisissures produisent également diverses substances organiques volatiles. L'odeur de moisi rencontrée dans certains bâtiments très contaminés en témoigne. De nombreuses substances organiques, dont l'ethylhexanol, substance dont les propriétés irritantes ont été reconnues, ont été détectées à partir de cultures pures d'Aspergillus versicolor. La production de ce composé pourrait expliquer partiellement certains symptômes comme l'irritation des yeux, de la peau, et des voies respiratoires supérieures. En 1997, des chercheurs ont mesuré dans des filtres et dans de la fibre de verre, plusieurs Fungal Volatil Organic Compounds (FVOCs), et notamment l'hexanal et le 2-cyclohexen-1-ol. La présence de ces composés semble être également d'origine fongique.

L'humidité joue un rôle important pour le développement des moisissures et la production des mycotoxines. En 1998, il a été démontré que la production des FVOCs analysés, dont le 3-methyl-1-butanol, 1-pentanol, 1-hexanol, et 1-octen-3-ol, dépend de l'humidité relative de l'air. L'odeur de terre souvent rapportée est due aux 2-octen-1-ol et à la Geosmine, cette dernière étant également produite par quelques Thermoactinomycètes.

Généralement le niveau de ces composés dans l'air respirable est faible, mais des expositions à long terme pourraient être préjudiciables pour la santé.

Les pathologies dues aux moisissures
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Différentes pathologies dues aux moisissures :

Abcès - Chaetomium globosum
Affections épidermiques - Alternaria alternata - Aspergillus chevalieri - Aspergillus terreus
Allergies - Alternaria alternata - Cladosporium cladosporoïdes - Cladosporium herbarum - Penicillium frequentans - Phoma glomerata
Alvéolites allergiques - Aspergillus nidulans
Aspergillioses - Aspergillus amstelodami - Aspergillus flavus - Aspergillus fumigatus - Aspergillus nidulans - Aspergillus niger - Aspergillus terreus
Asthme - Alternaria alternata - Aspergillus fumigatus - Aspergillus nidulans - Cladosporium herbarum - Memnoniella echinata
Rhinites - Alternaria alternata - Cladosporium herbarum - Memnoniella echinata - Phoma glomerata

Cancers - Aspergillus flavus Pathologie = fusarioses - Fusarium solani
Kératites mycotiques - Aspergillus chevalieri - Aspergillus flavus - Cladosporium cladosporoïdes
Leucopénies - Alternaria alternata Pathologie = mycétomes - Fusarium solani
Mycoses - Alternaria alternata - Aspergillus chevalieri - Chaetomium globosum - Phoma glomerata
Onchomycoses - Aspergillus terreus Pathologie = otomycoses - Aspergillus flavus - Aspergillus niger - Aspergillus terreus
Troubles hépatiques - Aspergillus flavus
Stachybotrys chartarum
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    Stachybotrys chartarum, appelé aussi Stachybotrys atra ou encore Stilbospora, est une moisissure (micromycète) noire et visqueuse qui produit ses spores dans la nature, généralement à la surface des boues. On la trouve parfois dans le sol et les céréales, mais cette moisissure est le plus souvent détectée dans la cellulose des matériaux de construction (poutres, boiseries, parquets, papiers peints...) de bâtiments très humides ou endommagés par l'eau.  Il exige pour se développer une forte teneur en humidité et elle est très souvent  associée avec des matériaux comme le bois, le plâtre humide et le papier peint.
Myxotrichum chartarum
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    Myxotrichum chartarum (Tribe & Weber 2002), croît dans les maisons et ressemble fortement aux Chaetomium. Cet Ascomycète est également responsable d'une pourriture molle.
Trichoderma viride
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La détermination des moisissures, demande des analyses pointues en labortoire, mais également des connaissances sur leurs habitats, leurs développements et les conséquences sur la santé humaine.

Moisissures : impact matériel
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Impact matériel :


Les moisissures détruisent peu à peu les supports sur lesquels ils sont installés et ils prolifèrent :
- les peintures cloquent,
les papiers peints se décollent et se dégradent,
les bois se décomposent (voire les plaques de plâtres)...
En bref, le logement se dégrade et devient insalubre.

D'autres signes sont annonciateur de l'infestation :

1°  - la décoloration des revêtements indique la présence de moisissures, mais elle peut aussi être attribuable à d’autres causes comme des traces noires de bougies allumées ou la fumée de cigarette.
- une odeur de moisi ou de terre, permettent quelquefois pour un nez averti de révéler des moisissures cachées ou invisibles. Leur présence se manifeste souvent par une odeur de moisi ou de terre, malheureusement elles ne dégagent pas toutes des odeurs. Même si l'on ne sent rien.
- des taches d’eau, une surface humide ou des signes de fuite d’eau, témoignent de problèmes d’humidité qui aboutiront forcément tôt ou tard à l'apparition de moisissures.

Attention !
Il ne faut jamais intervenir sur des moisissures sèches, les conidies ou les spores microscopiques contenant les mycotoxines risquent de s'envoler au moindre contact.

Ce qui doit vous interpeller :
- vous repérez beaucoup de moisissures, en nombre ou en surface,
- la maison est très humide,
- les moisissures reviennent malgré un nettoyage,
- un membre de la famille souffre d'asthme, de troubles respiratoires ou autres, qui semblent s'aggraver à l'intérieur du logement.

Que faire ?
S'il n'y a pas plus de 3 petites plaques de moisissures, leur surface totale étant inférieure à un m², vous pouvez tenter de les nettoyer par vous-même en ayant pris la précaution de vous protéger avec :
- des lunettes de sécurité,
- un masque anti-poussières jetable adapté,
- des gants de protection étanches (gants à vaisselle).

Lors du nettoyage, éloigner les occupants de la pièce en cause, et fermer la pièce traitée en scotchant les portes pour éviter toute contamination du reste du logement.
Nettoyer avec un détergent sans parfum (pour ne pas masquer les odeurs de moisi en cas de récidive) ou avec de l'eau de javel et sécher rapidement les surfaces traitées.
Une fois le nettoyage complètement achevé, créer une aération efficace et régulière (toute ventilation avant de traiter risque malheureusement de disséminer les mycotoxines).

Si la surface totale infestée atteint 3 m² ou que le nombre de plaques est de 4 ou plus, l'air ambiant est potentiellement dangereux pour la santé et vous ne pouvez plus intervenir par vous-même sans risquer de provoquer des émissions de conidies ou de spores nuisibles.
Il convient alors de se tourner vers une entreprise spécialisée.

Vous pouvez nous adresser des échantillons pour analyses, qui seront généralement prélever à l'aide d'un adhésif transparent, directement appliqué sur la tache de moisissure.

Législation locative :
Un bailleur a l'obligation légale de louer un appartement ou une maison en bon état sanitaire à ses locataires.
Dans le cas où ces derniers lui demandent de traiter des moisissures et qu'il ne le fait pas, il s'expose à y être contraint (avec exécution immédiate sous peine d'interdiction de louer et fermeture des locaux) par arrêté municipal à l'initiative de la DASS ou des Services d'Hygiène de la commune si son locataire y dépose une requète.
Les frais de traitement lui incombent sauf à prouver que le locataire a bouché les aérations ou utilisé les locaux de façon inappropriée.

Batrachochytridium dendrobatidis
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Batrachochytridium dendrobatidis Longcore, Pessier & D.K. Nichols

    353 cadavres de crapauds accoucheurs ont été trouvés en août 2010 au lac d'Arlet (Aspe). 

    La sonnette d’alarme a retenti cette semaine (25 février 2011 !), lors de la divulgation des résultats de la veille sanitaire que le parc national des Pyrénées réalise sur la faune sauvage. Une mortalité massive au sein de la population de crapauds accoucheurs (Alytes obstetricans), vivant en haute altitude, a été observée depuis 2002. Les travaux conduits en 2010 ont montré l’impact d’un champignon pathogène (Chytridiomycose) sur les populations d’amphibiens, notamment le crapaud accoucheur pour qui la maladie s’avère létale. 
    
    Preuve inquiétante, une très importante mortalité de ce crapaud a été observée dans le secteur de Madamette (Néouvielle) et au lac d’Arlet, dans la vallée d’Aspe, où, au mois d’août 2010, les chercheurs ont trouvé jusqu’à 353 cadavres in situ. Si la maladie est mortelle pour le crapaud accoucheur, pouvant infester jusqu’à 95 % des individus sur un site donné, elle pourrait vraisemblablement toucher d’autres amphibiens, comme la Salamandre ou le crapaud commun qui semblent y être sensibles, d’après les scientifiques espagnols qui travaillent sur le parc naturel de Pañalara (Sierra de Guadarrama, Madrid).
Elle touche 1/3 des amphibiens dans le monde 

    Dans les Pyrénées, les chercheurs français, en partenariat avec des scientifiques espagnols, le CNRS de Moulis et le Royal Collège de Londres, poursuivent leurs investigations, même si, pour l’heure, aucun signe de mortalité chez d’autres amphibiens n’a été constaté. Les scientifiques surveillent les populations d’amphibiens pour identifier les effets du champignon, ils étudient également les causes qui provoquent la maladie et les possibilités de l’endiguer, car, même si cette dernière est localisée sur les deux versants du côté ouest des Pyrénées, elle pourrait se propager rapidement. L’origine de cette épidémie explosive reste incertaine, mais elle avait été découverte en 1998 sur des grenouilles tropicales en Australie et Amérique centrale, et avait ensuite atteint l’Espagne provoquant un effondrement des populations de crapauds accoucheurs. Il semblerait que le champignon ne peut être détruit quand il est présent quelque part. La priorité reste donc d’empêcher sa propagation. 
    
    Quand les amphibiens présentent une posture anormale, une perte de réflexe, une léthargie ou des anomalies de la peau (lésions cutanées, ulcères, hémorragies, etc.), ne le touchez pas afin d’éviter la propagation de la maladie.

Cette épidémie est d'une actualité brûlante. 

    Le pathogène (un Chytridiomycota), Batrachochytridium dendrobatidis Longcore, Pessier & D.K. Nichols, décrit très récemment (1999) s'est répandu sur tous les continents, semble-t-il, et pose de très gros problèmes aux gestionnaires de l'environnement, par sa virulence sur les batraciens et les déséquilibres généraux qui peuvent atteindre les écosystèmes aquatiques en général, étant donné le rôle de ces animaux. 

    Dans certaines réserves, les gestionnaires ont d'ailleurs mis en place un système de pédiluve, dans lequel les intervenants désinfectent leurs bottes avant d'entrer, ceci afin d'éviter le transport de spores du pathogène d'une station à une autre.
Il semblerait également que la prolifération assez fulgurante du parasite soit facilitée par le changement global, entre autres par la composante thermique du phénomène ("réchauffement climatique").
      Ce champignon microscopique se répand très vite, infectieux, il fait désormais des ravages chez les grenouilles et autres amphibiens. Les hécatombes, d'abord observées en Australie, puis en Amérique latine voici une dizaine d'années, sont désormais observées partout dans le monde. En France, des extinctions massives ont été recensées sur plusieurs espèces de batraciens, notamment le remarquable crapaud accoucheur et la salamandre commune. L'épidémie a démarré en 2007 dans les Pyrénées et elle semble se propager dans tout l’hexagone. Toutes les observations des scientifiques et des naturalistes sur le terrain laissent craindre le pire. Nos campagnes risquent-elles d'être réduite au silence et nos mares désertées ? Difficile de connaître l'origine exacte de l'infection. Des chercheurs du CNRS de Moulis en Ariège tentent de mieux comprendre comment se propage le Batracochytridium dendrobatidis et ils semblent convaincus d'avoir ici affaire à un pathogène émergent, en d'autres terme une maladie transportée sous nos latitudes par des espèces exotiques. De nombreux indices laissent à penser qu'elle aurait été introduite dans l'hémisphère nord par un Xénope, une petite grenouille originaire d'Afrique du sud. C'est ensuite la fameuse grenouille taureau, porteur sain du champignon, qui aurait favorisé la propagation depuis les États unis d'Amérique jusqu’à la France. Pour le moment, le champignon se développe préférentiellement en altitude d'après les observations des chercheurs, il anéantit 100% des crapauds infectés. Le massif des Vosges est donc en alerte, contre cette pandémie.
Si vous avez des observations, merci de vous rendre sur le site de la Station d'Ecologie Expérimentale du CNRS, de Moulis Village à 09200 Saint Girons CNRS ou Alerte amphibien.

Baudoinia compgnacensis
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La moisissure se présente sous forme de taches, de voiles ou de plaques de couleur noire ou seulement sombre au début. L'examen au microscope, fait apparaître de courtes chaînes de cellules foncées et plus ou moins arrondies. Ces chaînes se fragmentes facilement pour ressembler à des débris sous l'optique du microscope.

Ce genre est  étroitement lié à la famille des Friedmanniomycetaceae, connue des roches poreuses de l’Antarctique. 
Le nom d'espèce « Baudoinia » a été choisi en l’honneur du pharmacien Baudoin qui fut le premier à le porter à l’attention des scientifiques, donnant le binome Baudoinia compniacensis, «le champignon de Baudoin de Cognac.» Il existe d’autres espèces non décrites de Baudoinia dans de nombreux biotopes au niveau mondial.

Des études en laboratoire ont montré que Baudoinia compniacensis peut utiliser l’éthanol comme source d’énergie pour croître, bien qu’il préfère se développer sur d’autres substrats plus nutritifs. Cette préférence a été confirmée par des observations sur le terrain menées près des chais où les concentrations d’alcool de l’air seules sont bien trop faibles pour être à l’origine de la masse fongique accumulée. Baudoinia compniacensis semble également présenter une tolérance remarquable aux températures élevées, ce qui est normal pour un champignon poussant sur des surfaces exposées. Cette tolérance est seulement accrue lorsque le champignon est exposé au préalable à l’éthanol. Des études sur les protéines permettent de confirmer que l’exposition à l’éthanol stimule la formation de «protéines de choc thermique» protectrices qui confèrent une résistance à la chaleur.

Des recherches sont en cours sur Baudoinia compniacensis en vue de trouver des procédés qui tente de freiner sa croissance et, par la même occasion, de déterminer s’il possède des effets allergènes ou nocifs sur la santé, et connaître le rôle que joue l’éthanol dans sa croissance. Les agents antifongiques comme les sels de cuivre ou de zinc améliorent la résistance à court terme de toute une gamme de matériaux, mais il n'existe pas d’effet inhibiteur sur le long terme. Les caractéristiques physiologiques et génétiques de cet organisme permettront peut-être de produire des agents inhibiteurs plus sophistiqués.

Analyses moisissures
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Moisissures ! 
Danger pour la santé ? 

Problèmes de moisissures à la maison ? Votre santé pourrait en être affectée.

Taches noires, brunes ou vertes et présence de cernes sur les murs, les plafonds, le bas des fenêtres, plafond gondolé, mur ou plancher boursouflé, odeurs de moisi : tout cela indique une infiltration d’eau plus ou moins importante. L’humidité aidant, il se peut que s’installent des moisissures. Quand celles-ci prolifèrent, elles causent des problèmes de santé.

Vous voulez connaître quels sont les risques ? Pour cela, il faut d'abord identifier la moisissure.
Pour effectuer une analyse ou un diagnostic, nous contacter : laurentmyco@gmaIl.com

Moisissures et santé
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Moisissure, ce mot est une appellation générale pour désigner un ensemble de champignons microscopiques qui gravitent dans l'environnement. Ces organismes sont des micromycètes. Les moisissures englobent donc un grand nombre de micro-organismes, qu'il est souvent difficile de distinguer. Seul une analyse au microscope peut révéler le nom de l'espèce.

Cladosporium herbarum
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Toutes les espèces du genre Cladosporium ne sont pas un agent pathogène pour l'homme, mais quelques espèces se signalent par leur capacité à causer des infections fongiques de la peau et des ongles. Elles peuvent aussi être la cause de sinusite et d'infections pulmonaires. Si cette dernière infection n'est pas traitée, elle peut évoluer vers une pneumonie.

Les spores de plusieurs espèces de Cladosporium sont allergènes quand elles sont inhalées en suspension dans l'air. En grande quantité elles peuvent gravement affecter les personnes asthmatiques et celles souffrant de maladies respiratoires. Une exposition prolongée pourrait affaiblir le système immunitaire.

C'est le cas notamment de Cladosporium herbarum

Stachybotrys chartarum
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Stachybotrys chartarum est une moisissure qui peut se développer sur des substrats riches en cellulose humide. Elle peut être retrouvée dans les fourrages et coloniser certains matériaux dans les habitations. De nombreuses souches de Stachybotrys chartarum sont toxinogènes. Elles produisent des trichothécènes macrocycliques retrouvées dans les spores fongiques. Chez l’animal, l’ingestion de fourrages contaminés peut entraîner l’apparition de troubles dominés par des ulcérations et des hémorragies. Chez l’homme, l’exposition à ce contaminant se fait essentiellement par inhalation des spores.

Stachybotrys chartarum semble responsable de troubles dominés par des symptômes respiratoires et pouvant aller jusqu’à l’apparition d’hémorragie pulmonaire chez l’enfant. On suspecte aussi Stachybotrys chartarum d’être en partie responsable du syndrome du bâtiment malsain. Néanmoins, à l’heure actuelle, le lien direct de cause à effet entre exposition à ce contaminant et pathologie humaine reste à établir.

Moissures néfastes
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La grande majorité des moisissures sont des Siphomycètes ou des anamorphes = champignons imparfaits comme les Penicillium et les Aspergillus qui se développent sur des vieux papiers, etc.). Ils se développent à l'humidité sur des milieux organiques favorables également aux bactéries.

Certaines moisissures stoppent la croissance des microbes qui leur font concurrence, en sécrétant des antibiotiques. C'est le cas notamment de Pénicilline.

En outre, les moisissures des fromages, et plus spécialement des Roqueforts et de certains cépages (vins de Sauternes) donnent à ceux-ci leurs arômes particuliers. Mais diverses moisissures gâtent les aliments, attaquent le bois, le papier, le cuir, etc. C'est à ceux-ci, que cette page sera consacrée.

Aspergillus niger
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Chaetomium globosum
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Microscopie de Chaetomium globosum produisant une pourriture molle.

Types de moisissures
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Différentes espèces de moisissures observées au microscope optique.

Trichoderma viride
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Aspect macroscopique
Trichoderma viride
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Vu au microscope
Trichoderma viride
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Spores
Stachybotrys chartarum
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Hyphes et spores de Stachybotrys chartarum, espèce très allergènes et dangereuses pour la santé.
Aspergillus sp
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Tête aspergillaire et conidies d'un Aspergillus sp
Botrytis cinerea
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Conidies de Botrytis cinerea, la pourriture noble du raisin, que l'on retrouve parfois dans les bâtiments.
Muco
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Zygospore d'un mucorale sur plaque de bois.
Meriderma aggregatum
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Spores et partie du capilitium d'un myxomycète Meriderma aggregatum.
Thecaspora sp
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Spores d'une espèce du genre Thecaspora rare dans le bâti.
Myxotrichum chartarum
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Arabesques en crosse d'évêque des hyphes de Myxotrichum chartarum.
Nématode
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Nématode consommant des conidies de moisissure.
Glomeromycète
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Hyphes septées d'un Glomeromycète
Batrachochytridium d
Vign_Batrachochytridium_dendrobatidis
Batrachochytridium dendrobatidis vu au microscope optique.
Baudoinia compgnacensis
Vign_baudoinia_compniacensis_SEMHV

Observation microscopique des chaînettes de la moisissure noire, se développant préférentiellement dans des milieux au l'air ambiant est cahrgé en éthanol.

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