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La Mérule et la Santé
Vign_poumons

Effets sur la santé

Lorsque les spores de la mérule, présentes dans votre air ambiant, sont inhalées, elles peuvent provoquer diverses maladies respiratoires. De la simple irritation (voire allergie), en passant par la sinusite,  la rhinite ou la conjonctivite, la bronchite, l'asthme, ou encore l'otite.

Les personnes à risque
Les personnes à risque sont les individus dont les défenses immunitaires sont les plus faibles, à savoir les nourrissons, les enfants, les personnes âgées et les personnes immunodéficientes (défenses immunitaires fragilisées).

Les effets après inhalation de spores restent controversés et des études doivent être menées afin de mieux évaluer le risque.
Il est donc nécessaire d'une part de caractériser au mieux les habitations étudiées d'un point de vue contamination fongique (moisissures, mycotoxines, mérule), et d'autre part d'évaluer les effets toxiques des bioaérosols et des isolats fongiques collectés (évaluation de la mutagénicité par un test bactérien et recherche d'adduits d'oxydation à partir de cellules pulmonaires).

En raison du manque de connaissances sur la qualité de l'air des habitations atteintes par la mérule (et plus généralement sur la qualité de l'air intérieur). Nos questions sont les suivantes : y-a-t-il d'autres espèces fongiques (moisissures) présentes, y-a-t-il certaines espèces récurrentes dans l'air de ces habitations, y-a-t-il des espèces toxinogènes, retrouve-t-on des spores de mérule dans l'air ?


Il s'agit de définir le profil fongique des habitations contaminées par la mérule : identification et quantification des espèces fongiques, recherche de spores de mérule dans l'air, recherche de mycotoxines éventuelles, évaluation des effets génotoxiques des prélèvements d'air et des isolats fongiques collectés. Les habitations suivies font également l'objet d'un questionnaire "habitation" (structure de l'habitation, matériaux,...) et un questionnaire "habitant" (santé). Une équipe de recherche et d'études en mycologie (EREM) et le GRECAN (Groupe régional d'études sur le cancer) lancent une étude dans le cadre du projet MYCOAEROTOX. Un projet financé par le MEEDDM, le ministère de l'écologie, dans le cadre du programme Primequal 2 (ndlr : programme de recherche interorganisme pour une meilleure qualité de l'air à l'échelle locale)  2011. Il est impératif de pouvoir continuer ce projet sur du plus long terme afin d’augmenter le nombre d'habitations enquêtées et développer des indicateurs de la contamination fongique qui pourraient être utilisés pour évaluer la qualité de l'air en milieu intérieur.

Problèmes de santé pouvant être causés par les champignons des maisons

Les problèmes de santé résultant de la présence de champignons dans les bâtiments sont divers (Lacey 1994, Chasseur et al. 2004). Ils touchent presque toujours les voies respiratoires et sont plus importants chez les personnes ayant des problèmes d’allergie : irritations des muqueuses, rhinites et bronchites allergiques, asthmes, mycoses et alvéolites allergiques, dermatites, conjonctivites, … Sauf dans les cas de dermatites et conjonctivites, ils sont généralement la conséquence de l’inhalation de petites particules fongiques telles que les spores et les conidies. Ils peuvent également être dus aux composés volatils (comme la géosmine, qui donne l’odeur de moisi) ainsi qu’aux mycotoxines, ces dernières pouvant elles-mêmes être transportées par les spores notamment dans le cas des Mérules.

Allergie et hypersensibilité aux spores de champignons
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Manifestations cliniques d'allergie de type II, III ou IV et lien avec les bioaérosols fongiques (notamment les spores).

   Les composantes des parois cellulaires et du cytoplasme des cellules fongiques, notamment les substances complexes de poids moléculaire élevé, sont des substances immunogènes. Dès qu'elles traversent les barrières naturelles de la peau et des muqueuses, elles peuvent déclencher une réaction humorale, avec production d'anticorps IgG spécifiques, ainsi qu'une réponse d'immunité cellulaire, et cela sans qu'il y ait de processus infectieux. Les IgG spécifiques se fixent alors sur les fragments fongiques respirables et ces complexes immuns provoquent une cascade de réactions cellulaires menant à la mobilisation du complément, à l'inflammation et parfois même à la destruction tissulaire. Une telle réaction amplifiée, déclenchée par un agent non envahisseur, constitue un mécanisme d'hypersensibilité de type III, c'est-à-dire une réaction due à la formation de complexes immuns différente de l'allergie de type I. Le fait que cette réaction soit parfois suivie de la formation de lésions granulomateuses suggère en outre la possibilité d'une réaction d'hypersensibilité de type IV ou réaction cellulaire.

   Les mycoses bronchopulmonaires allergiques (MBPA) impliquent des réactions allergiques de type I, III et IV et sont le plus fréquemment causées par l'inhalation d'Aspergillus, notamment de l'espèce fumigatus, impliquée neuf fois sur dix ; 7 à 22% des asthmatiques seraient concernés, avec évolution fréquente vers une insuffisance respiratoire chronique (Chanal et al., 1993 ; Greenberger, 2002). Dans les conditions normales, le tapis mucociliaire de l'épithélium bronchique assure la clairance de la majorité des spores inhalées et seule une petite fraction atteint les alvéoles pulmonaires, où leur élimination est assurée par les macrophages alvéolaires. Mais quand la capacité de défense des macrophages est elle-même dépassée, les spores germent et donnent naissance à des filaments ; les polynucléaires neutrophiles représentent alors la dernière ligne de défense vis à vis de la moisissure. Chez un individu bien portant, la mise en jeu de ces mécanismes fait obstacle à toute dissémination. En revanche, chez les sujets hautement fragilisés et/ou immunodéprimés, aucune barrière ne s'oppose au développement tissulaire d'Aspergillus. Le risque d'aspergillose invasive est alors directement proportionnel à la concentration des spores en suspension dans l'air, et l'on a noté une incidence localement accrue dans des circonstances entraînant des dénombrements anormalement élevés d'Aspergillus aéroportées, tels que des travaux de construction ou une défectuosité des systèmes de filtration de l'air. Si les contaminations intérieures sont les plus fréquemment incriminées, une corrélation forte a aussi été rapportée avec le nombre de spores dans l'air atmosphérique.

   Plusieurs espèces couramment véhiculées par l'air, telles que les Aspergillus, les Curvularia et les Alternaria, peuvent provoquer des sinusites fongiques allergiques (SFA) et des « balles fongiques » formées par accumulation et croissance de microchampignons dans les sinus, sans invasion tissulaire (Braun et al., 2007). La réaction associée est de type I, III ou IV. La prévalence des sinusites allergiques fongiques reste discutée. L'étude de Ponikau et al. (1999), fondée sur la détection quantitative de moisissures et d'éosinophiles dans la mucine, va jusqu'à associer 96% des sinusites chroniques à l'exposition aux moisissures de l'air.

  Les alvéolites allergiques extrinsèques (AAE), particulièrement invalidantes et parfois à l'origine d'une fibrose interstitielle irréversible du tissu pulmonaire, peuvent être causées par une réaction d'hypersensibilité de type III/IV, après inhalation chronique de substances antigéniques d'origine fongique (Roussel et al., 2005). Ces pneumopathies aiguës ou subaiguës mettent en jeu des phénomènes d'hypersensibilité semi-retardée de type III, avec présence d'anticorps spécifiques du ou des genres d'antigènes en cause. Dans la très grande majorité des cas, les sources antigéniques sont d'origine professionnelle et un lien direct a pu être établi avec la durée et l'intensité de l'exposition à des concentrations élevées d'antigènes dans l'air. Parmi les étiologies liées à la pollution domestique, des cas d'AAE ont été récemment rapportés à l'inhalation d'espèces courantes de moisissures (Penicillium, Serpula, Aspergillus...). C'est l'une des principales indications pour la réalisation d'une mesure de la concentration en spores fongiques dans l'habitat. 

  Les Curvularia (environ 35 espèces) sont des champignons filamenteux imparfaits appartenant à la classe des Deutéromycètes. Ils sont surtout répandus en climat tropical et subtropical, notamment sur les plants de graminées, mais une recherche attentive permet de les retrouver sous tous les climats. Leurs spores sont réputées particulièrement allergisantes. Malheureusement, les travaux manquent à ce sujet.

   Alors que la « maladie des éleveurs d'oiseaux » (bird breeder's lung), due à l'inhalation de protéines aviaires contenues dans le sérum ou les déjections desséchées de pigeons, de perruches ou de gallinacés, n'est pas une pathologie fongique, l'exemple type est celui du « poumon de fermier » (farmer's lung), identifié en 1962 et lié à l'inhalation de spores d'Actinomycètes thermophiles, notamment Thermopolyspora polyspora contaminant le foin. Ces spores, qui ne dépassent pas 0,3 à 1 μ, pénètrent facilement jusqu'aux alvéoles.

   Le genre Serpula fait partie de l'embranchement des Basidiomycètes. La seule espèce rapportée à la fois comme contaminant du milieu intérieur et comme agent étiologique de problèmes de santé est S. lacrymans, mérule ou « champignon des maisons » qui, sur un support suffisamment humide et contenant du bois, prend l'aspect d'un feutrage blanc, épais et cotonneux. Son optimum thermique se situe entre 19 et 21°C. Il tolère mal les températures plus élevées, et le réchauffement climatique pourrait ralentir son développement. On a dénombré dans des appartements jusqu'à 360 000 spores de mérule par mètre cube d'air.


- Manifestations cliniques d'allergie de type I et lien avec les bioaérosols fongiques 


    L'allergie fongique de type I est induite par un grand nombre d'espèces présentes dans l'air. On retrouve principalement des Ascomycètes (Alternaria, Aspergillus, Bipolaris, Cladosporium, Epicoccum, Phoma…), mais aussi quelques Basidiomycètes (Coprinus, Scléroderma, Serpula…) et des Zygomycètes (Absidia, Mucor, Rhizopus).

Les différents types d'allergies :

  1. L'allergie de type I (ou anaphylactique), la plus courante, est une réaction d'hypersensibilité immédiate, liée à la synthèse exagérée d'anticorps de la classe E (IgE).
  2. L'allergie de type II, intermédiaire, est une hypersensibilité cytotoxique, dont les anticorps sont des IgM ou des IgG avec activation du complément.
  3. L'allergie de type III, elle aussi intermédiaire, est une hypersensibilité à complexes immuns circulants antigène-anticorps.
  4. Enfin, l'allergie de type IV (eczéma, par exemple) est une allergie retardée, à médiation cellulaire liée aux lymphocytes T et aux cytokines qu'ils produisent.
Sporée = Danger Santé
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On observe ici sur la photo, un dépôt considérable de spores de couleur brun rouille, qui maculent le dessus de cette citerne blanche. Ce sont plusieurs milliards de spores qui se sont déposées, ici et ailleurs dans cette cave, jusqu'à l'étage de la maison.

Une étude montre que 10 cm² de la surface d'un sporophore de mérule, produit quelques 4 à 5 milliards de spores !

Dans les cas où les dépôts de spores sont très importants, ils est nécessaire de faire évacuer les habitants du bâtiment et de faire prendre des mesures sanitaires adaptées, pour les habitants et pour les ouvriers chargés du nettoyage et de la rénovation, ainsi que pour l'environnement.

Spore & Santé
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Lien entre santé et taux de spores fongiques dans l'air

Qu'il s'agisse de substances élaborées par les moisissures ou d'éléments constituant les parois des spores et du mycélium, diverses composantes fongiques sont susceptibles d'entraîner des effets nocifs chez les individus exposés . On ne manquera cependant pas de noter qu'elles n'affectent pas la santé de l'ensemble, ni même de la majorité de la population. C'est seulement lorsque leur concentration atteint un niveau anormalement élevé et/ou chez des patients souffrant de problèmes respiratoires ou de déficiences du système immunitaire qu'apparaissent symptômes et maladies (Sorenson, 1999).

Allergies
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LES ALLERGIES AUX CHAMPIGNONS

En matière d’allergie, la spécificité est un élément fondamental et incontournable pour l’établissement du diagnostic. Notre organisme est doté de systèmes de défense perfectionnés destinés à neutraliser (avec des anticorps ou défenseurs) tout intrus qui a pu pénétrer dans l’organisme (les antigènes ou agresseurs). On parle de réaction immunologique. Il arrive parfois que ce système se dérègle. Dans le cas des allergies, l’organisme réagit de manière excessive contre des substances qui seraient, en temps normal, perçues comme inoffensives. L’allergie est donc une réaction anormale et exagérée de notre système immunitaire vis-à-vis d’une quantité, même minime, de substances qui font partie de notre environnement et sont inoffensives pour la population en général. C’est le cas, par exemple, des excréments d’acariens, des poils d’animaux, des grains de pollen, des aliments, des composés chimiques, des moisissures, des spores, etc.

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